Portrait d’auteure : Vicky Ouk

Bonjour, connaissez-vous Vicky Ouk, artiste peintre et auteure. Vicky a répondu présente pour répondre à mon ITW d’auteure. Voici ce qu’elle va nous dire, lisez le portrait pour découvrir cette femme qui a eu un passé difficile et douloureux.

1/ Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour, je m’appelle Vicky Ouk. Je suis artiste-peintre et auteure. D’origine Cambodgienne, j’ai grandi et connu le Cambodge de Pol Pot. J’ai été accueille en mai 1981 en France après la guerre perpétrée par les Khmères rouges. Lorsque je suis arrivée en France j’avais 12 ans, en pleine adolescence. Effectivement l’adolescence devrait être l’âge où les hormones sont en ébullition. Il se trouve que la déportation change le comportement d’une personne. Mon coeur s’est certainement rasséréné en se réfugiant dans l’écriture et la peinture.
Je vis en région parisienne. J’aime passer mon temps à observer et admirer la nature que je transmets sur mes toiles. Je puise mes inspirations dans le jardinage, le piano, et les réseaux sociaux.

2/ Quand as-tu commencé à écrire ?

Depuis toute petite la lecture et l’écriture m’intéressent mais la guerre ne m’a pas permise d’être scolarisée. Une fois la page noire tournée, les douloureux souvenirs se sont imprégnés dans mon esprit. Alors j’ai écrit ma mémoire dans mon journal intime en 1981 afin de me libérer de mes cauchemars. Mais, ce n’est qu’en 2016 que j’ai relu mon journal. Ce dernier était resté depuis lors dans mon sac d’écolière. Un jour, je l’ai fait voir à ma petite soeur Flo qui a été la première lectrice touchée par mon témoignage.

3/ Qu’est-ce-qui t’a donné l’envie d’écrire ?

La nature, l’art, la poésie, les liens sociaux… l’art est beau, car les gens s’en inspirent. Mon jardin secret je le transforme en musique en écriture et en images, afin de pouvoir exprimer ma joie. Je les partage en totale harmonie avec ma foi qui est selon moi, la base de toutes choses. Sans elle, la vie n’a pas de sens.

J’ai écrit mon premier album autobiographique par devoir de mémoire envers ma famille. C’est avec une joie respectueuse et une grande humilité que je transmets cette histoire appartenant à l’un des évènements les plus dramatiques du 20e siècle : Le génocide par les Khmers rouges.

4/ Connais-tu d’autres écrivains, éditeurs ou libraires ? Si oui, lesquels ?

Oui, j’ai une amie poétesse, Annie Franchitto. Heureusement les poètes ne sont pas en voie de disparition. Par contre j’aime beaucoup les auteurs anglais du 19e siècle tels que Jane Austen, Emily Brontë…

Avant d’aimer lire, j’ai toujours été fascinée par les belles couvertures et les illustrations des livres. Je suis capable de rester des heures à les admirer devant les bibliothèques ; je peux même dire que j’aime leur odeur quand je les feuillette. Tout est en art lorsqu’on saisit un livre dans ses mains.

5/ Comment t’es venu l’idée de publier ton livre ?

Lire les livres des autres auteurs, c’est une passion merveilleuse, mais si on possède son propre livre dans sa bibliothèque, c’est une autre aventure extraordinaire. J’ai désiré partager mon témoignage à ma famille et pour que le monde sache que cette guerre a existé. Et grâce à mon professeur de français en 6e. Celui-ci avait demandé aux élèves de rédiger une rédaction ayant pour sujet : « Quel est votre souvenir préféré ? » Un souvenir d’enfance d’un temps heureux avant la guerre me vint de suite à l’esprit. Il m’était difficile de l’écrire en raison d’autres souvenirs douloureux qui m’interrompaient sans cesse en mon for intérieur. Lorsque ce fût mon tour de présenter ma rédaction, je me forçais de m’abstenir de tout dévoiler, car avant tout ce n’était qu’un devoir. J’avais beaucoup d’appréhension de le lire à haute voix, ayant peur qu’on me juge.

Car ils ne savaient pas que derrière mon devoir, se cachait une enfant vulnérable qui ayant connu l’atrocité de la guerre. En complément de mon souvenir préféré, je leur résumai un second souvenir de ma vie qui n’était pas mon préféré. Tous les élèves et le professeur m’écoutaient attentivement car mon récit les émouvait. Tout à coup, une de mes camarades prénommée Cécile éclata en sanglots et vint me serrer fort dans ses bras. A cet instant même, j’ai su que je pourrais avoir à nouveau confiance. La véritable amitié que je n’avais jamais pu reconstruire depuis mon départ du pays. Tous mes camarades de classe semblaient s’intéresser à mon histoire ainsi que mon professeur Madame Thailandier. A la maison, je continuais à écrire la suite de ma rédaction dans mon journal intime. Un journal avec lequel j’ai versé tant de larmes. Lors de mes séances d’écritures, les images défilaient tristement. A chaque fois que j’ai raconté mon témoignage aux amis ceux-ci ont été émus.

Alors j’ai choisi de publier mes souvenirs avec mes mots et mes peintures, tout en faisant l’abstraction de l’atrocité qui ne transparaît qu’entre les lignes, et à travers les couleurs des paysages cambodgiens.

6/ Quel mode de publication as-tu choisi ? en auto édition ou avec une maison d’édition ?

La diffusion de mon livre a été en auto édition en 2016. La seconde édition est parue l’année suivante en avril 2017.

Deux ans plus tard, un éditeur m’a contactée pour publier mon oeuvre. C’est ainsi que la nouvelle publication a été diffusée chez les éditions CLC en 2020.

7/ Es-tu satisfaite de ta publication ?

Je n’étais pas satisfaite pour plusieurs raisons : mauvaise impression avec chapitres manquants, reliures de mauvaise qualité (pages se détachant) prix excessif. J’ai donc changé d’imprimeur pour la deuxième édition dont le résultat était nettement mieux, mais toujours à un prix excessif.

8/ Quel sentiment as-tu ressenti lorsque ton livre a été publié ?

Une joie immense !

Je m’en souviendrais toute ma vie ! J’ai sauté joyeusement en disant enfin j’ai mon propre livre dans ma bibliothèque. J’ai été très fière de moi ! Déjà ouvrir mon coeur pour écrire et partager mon histoire était une vraie épreuve. Au fond de mon être je voulais me taire et ne plus jamais me souvenir de cette période noire.

Afin que ce cauchemar cesse de me hanter pendant mes nuits je devais me forcer de dire « stop » tout en écrivant….

9/ Au moment de la sortie de ton livre, en as-tu parlé publiquement ? (page auteur fbk, blog perso, site perso, groupes fbk, famille, amis).

Oui j’ai parlé de mon livre publiquement sur les réseaux sociaux tel que Facebook et blog personnel. J’ai également participé aux interviews de Sandrine Roulet, et celui du blog de Matt, ainsi qu’à des événementiels en librairie et conférences…

10/ As-tu publié plusieurs romans ? Un nouveau est-il en cours d’écriture ? (futur proche ou lointain)

Oui j’ai publié un autre album d’illustrations qui est intitulé « Ne renonce jamais à tes rêves « . Il est destiné aux jeunes comme aux adultes. Cela change de mon triste témoignage.

J’ai choisi d’écriture ou raconter de belles histoires avec mes mots et mes peintures.

Le livre a été publié en auto édition en 2019. Les succès sont immédiats auprès des enseignants de différents collèges comme celui-ci : collège de Jean Wiener à Champs sur Marne. Je n’ai jamais pensé qu’un jour un de mes livres soit étudié à l’école.

C’est grâce à mon premier livre que je suis devenue artiste peintre. Cette belle expérience m’a poussée à continuer de vivre d’autres projets.

11/ As-tu participé à des concours littéraires, des séances de dédicaces, des salons du livre ?

Je n’ai jamais encore participé à des concours littéraires.
Par contre j’ai participé à différents salons du livre ainsi que des séances de dédicaces dans les centres commerciaux (Cultura, Leclerc), ainsi que différentes invitations tels que les rassemblements à Poitiers et à Saint-Malo, salon du livre de paris en mars 2017 et 2018 à la Porte Versailles qui me laissent de très bons souvenirs.

12/ As-tu participé à des séances de de dédicaces ? Quel a été ton ressenti ?

Oui j’ai participé à plusieurs séances de dédicaces.

C’est par l’intermédiaire de mes oeuvres que j’ai été souvent invitée à faire des séances de dédicace et des expositions. Ainsi je suis très reconnaissante envers les enseignants de m’avoir invitée au mois de mars 2021 pour parler aux élèves de mon parcours artistique et écrivain. Cette intervention se fera tous les ans si tout va bien !

J’ai été très surprise et heureuse de voir que mes livres puissent toucher tout public jeunes ou vieux.

J’ai pu rencontrer des gens formidables et la plupart d’entre eux sont devenus des amis. C’était un plaisir et une joie de passer un instant d’humanité sincère. Les belles rencontres sont des moments de vie qu’ils seraient triste de rater ou d’ignorer !

Je tiens à te remercier Manoue pour tout ce que tu fais pour nous les auteurs, les portraits d’auteurs sont magnifiquement présentés. Ainsi mon dernier mot s’adresse à mes lecteurs et lectrices :

C’est grâce à vous mes chères lectrices et chers lecteurs que je trouve une immense joie dans l’écriture et la peinture. Ecrire permet de rendre les belles choses ou faire vivre mes sentiments les plus fous. Dans tous les domaines artistiques, les auteurs ont besoin d’écrire pour faire vivre leur imagination, pas de poète sans mots, pas de musiciens sans notes, et pas l’art sans homme… ! Les mots peuvent tout exprimer !

Merci pour votre amitié et votre confiance !

Vicky OUk

Vous pouvez retrouver Vicky ici https://www.facebook.com/pinceaudegrace

et là https://vickypinceaudegrace.wordpress.com/

Voilà, Vicky Ouk nous a confié beaucoup de choses, tout en lisant tes réponses à l’ITW je me suis imaginée l’enfer et les atrocités que tu as vécues.

Merci pour ta confiance,